J'avais 15 ans et 3 mois lorsque mon père me conduisit chez le Gynécologue, le Docteur Trevoux. Une amie nous accompagnait, pourquoi ? Je ne comprenais pas.
J'entrais seule dans le cabinet du médecin. Il m'examina et me posa une simple question "Qu'as tu fait au mois de juillet ?". Et là je compris et lui répondit que ce n'était pas en juillet mais en Août, le 15 jour de mon anniversaire. Le docteur me dit qu'il y avait juste eu contact et que j'étais toujours vierge ! Curieux ?
Il me dit d'aller chercher mon père avec le sourire et de rester dans la salle d'attente. Une fois mon père partit je m'effondrais dans les bras de notre amie et lui dit tout.
Mon père revint, me tendit les bras et me dit "pourquoi ne me l'as tu pas dit plus tôt?". C'est le seul reproche que mon père m'a fait.

Par la suite, sur les conseils du médecin, nous nous renseignâmes pour me faire avorter en Suisse, mais c'était trop tard, ma grossesse était trop avancée.

Nous envisageâmes donc d'abandonner l'enfant à la naissance dans une famille que nous recommandât le docteur Trévoux.

Ma grossesse évoluait tranquillement, je n'allais plus au collège (pas question à l'époque). Je restais à la maison à essayer de faire des petits plats à mon père, à regarder la télé et à dessiner les Parisiennes de Kiraz qui paraissaient dans un magazine aujourd'hui disparu 'Jour de France.

Mon père et son ami Jeannot m'ont aidé au-delà de tout pour que je me sente bien.

En début d'année 1965 (mars je crois) je suis partie dans un établissement spécialisé pour les jeunes filles enceintes (de 12 à 18 ans). Là j'ai eu la révélation de ce petit être qui grandissait dans mon ventre. J'ai appris à l'aimer, à le désirer. Chaque samedi Pape venait me chercher pour passer le week end à la maison. J'étais une privilégiée car nombre de mes compagnes étaient rejetées par leur famille et après la naissance du bébé devait aller en hôtel maternel.

Et puis, le 19 mai arriva. Le matin au réveil je ressentis quelques douleurs. Je passais une journée à peu près tranquille mais le soir je commençais à me plier (comme je pouvais). Le personnel ne me crut pas et pensait que je voulais échapper à ma corvée de vaisselle. Je devais nettoyer les plats !
Comme j'ai un foutu caractère je décidais de nettoyer les plats (immenses et lourds) aidée par mes copines.

Heureusement l'assistante sociale était là et a vu que je ne plaisantais pas. Je fis ma valise, dis au-revoir à mes compagnes et attendis l'ambulance qui devait me mener du Plessis Robinson à Saint Cloud où je devais accoucher. En partant, l'assistante sociale me donna un paquet qui contenait la moitié d'une layette. Mon père avait pensé que je pouvais changer d'avis.

Arrivée à la clinique, on m'installa dans la salle d'accouchement et la lutte commença. Je ne voulais pas accoucher sans mon père, il fallait qu'il soit à mes côtés. Mais lui avait un dîner d'affaire ! La sage femme voulut me faire une piqûre car je refusais de me laisser examiner (on n'a jamais pu me toucher durant ma grossesse). Je ne voulais pas de piqûre car j'en avais peur. J'hurlais, j'appelais mon père. Ils n'avaient jamais vu ça.

Enfin mon père arriva, on me fit la piqûre, on m'examinât, mon père me caressait doucement la tête et me parlait avec beaucoup de douceur. Il me mit le masque et puis je m'endormis.

Au réveil je regardais vers le berceau et vis deux grands yeux noirs qui me regardaient. J'avais mis au monde la plus jolie petit fille.

Pendant le délai légal mon père demandât que je garde ma fille près de moi afin que je prenne ma décision en toute connaissance de cause, mais je ne le savais pas. Dans ma tête il était hors de question que je l'abandonne, je préférais partir en douce, je ne voulais plus l'abandonner.
Le vendredi après la naissance de ma fille (qui n'avait toujours pas de prénom), mon père vint dans ma chambre et me demandât ce que je voulais faire. Je n'osais rien dire, je ne savais pas encore que je pouvais tout lui dire mais il comprit et me dit "on la garde ?". J'ai dit oui Papa. Et là le bonheur ! Ma chambre fut envahie par les infirmières, sages femmes qui venaient m'embrasser. Je pus enfin donner le biberon et changer mon bébé, la prendre dans mes bras et l'admirer. Le soir le Docteur Trévoux est venue me voir et me féliciter de ma décision.

Voilà les débuts, mon père et Jeannot m'ont toujours entouré, aidé, aimé comme personne.

Par contre, ma mère ne savait toujours rien, ni de ma grossesse ni de la naissance de Valérie. Mon père l'invitât donc à déjeuner (avant ma sortie de clinique) avec mon frère Jean-Yves et lui annonçât qu'elle était grand-mère. Tout naturellement elle regardât mon frère qui fit non de la tête. Lorsqu'elle a sut que c'était moi elle n'a plus mangé.

Elle vint me voir le dimanche suivant mais que de froideur, que de reproches je lus dans ses yeux. Elle n'eut pas un regard vers Valérie qui dormait dans son landeau. Elle me reprochât de ne pas le lui avoir dit car elle aurait pu me faire avorter. A l'époque c'était le spéculum et l'aiguille à tricoter !!!

Je ne parle pas du père de Valérie me direz-vous ? Non il n'a jamais été intéressant même si ce fut mon grand amour de jeunesse. J'en parlerai  plus tard car Valérie a voulu le connaître à 16 ans mais c'est une autre histoire.

La vie s'écoula tranquillement, moi très perturbée malgré tout et ne supportant pas qu'une garçon m'approche ayant toujours peur de me retrouver enceinte s'il m'embrassait ! Il n'y avait pas d'éducation sexuelle à l'époque et je pense que j'aurai dû consulter un psy mais cela ne se faisait pas, et je n'avais pas de femmes dans mon entourage pour me guider et me donner des conseils. Papa et Jeannot faisaient ce qu'ils pouvaient animer par leur amour et leur tendresse pour le bout de chou et moi.

J n'oublierai jamais les premières vacances, Valérie avait 2 mois. Nous sommes partis tous les quatre pour Lorient dans la maison de mon grand-père que Papa avait encore à l'époque. Nous nous arrêtions régulièrement sur la route pour changer Valérie et faire chauffer le biberon. Nous étions très organisés Papa avait prévu un réchaud à gaz, une casserole et de l'eau et pendant que je changeais Valérie Papa préparait le biberon et le faisait chauffer. A tout de rôle nous donnions le biberon à la puce.

Lorsque nous allions à la plage, à Larmor Plage la plage de mon enfance, pendant que je me baignais Jeannot changeait Mimi et Papa préparait le biberon. Lorsque je sortais de l'eau je pouvais lui donner permettant à mes deux hommes d'aller se baigner. Je crois avec le recul que nous ne passions pas inaperçus. Mais ces premières vacances furent inoubliables.

Au mois d'Août Papa nous installa Mimi et moi chez ma tante Sisine et mon parrain Fredo. Frédo était pharmacien et je lui rendais fréquemment visite à la pharmacie (grande comme n mouchoir de poche) de ce petit village qu'était Theix à l'époque. Mes cousines Brigitte et Marylène nous rendaient fréquemment visite avec mon oncle et ma tant Denise et Jo (le frère de maman). Ce mois d' Août aurait pu être idyllique si ma Sisine, peut être frustrée de n'avoir pas eu d'enfants, était parfois un peu soupçonneuse à mon égard.

Lorsque je m'installais avec le landeau de ma fille  à la pharmacie elle débarquait, pas toujours aimable, je suppose pour voir ce que je faisais réellement.

Mon anniversaire arrivât et je venais d'apprendre que mon grand père Papé était mourant. Je fis seule un saut à St Nazaire pour le voir une dernière fois. Ce fut un déchirement je l'adorais. J'ai eu cette chance magnifique d'avoir des grands maternels et paternels exceptionnels et merveilleux.

Ma chère Sisine trouvant que ma faute était grande, fille-mère pensez donc, m'obligeât à me confesser. Ce fut la dernière fois de ma vie !

Je rencontrais donc le recteur (je crois) et pas le simple curé. Je lui confessais donc avoir eu une relation avec un garçon et être maman célibataire (je hais le terme de fille-mère que je trouve péjoratif). Ce que l'homme, car c'en était un, me demandât où était ma fille. Lorsque je lui répondis qu'elle était avec moi et que je l'élevais il ne comprit pas l'attitude de ma tante et donna l'absolution avec peut être quelques prières, pour la forme. Le jour de mon seizième anniversaire j'ai pu communier unier (là aussi c'est la dernière fois). Ma tante était contente j'étais en règle avec la religion.

Dans le village j'avais des amis. J'ai rencontré Gildas qui était, d'après ce qu'il disait, membre du FLB. Un soir nous sommes allés au bal avec la permission de Sisine bien sur. Comme 'était peu de temps avant mon départ mon père était arrivé. Je suis rentrée un peu tard, oh vers minuit. Le lendemain, à mon réveil et en présence de Papa, Sisine me demandât où j'en étais de mon retour de couches. Je répondis que pour l'instant je n'avais rien et elle dit à mon père que vraisemblablement j'avais du coucher avec Gildas. Mon père se mit en colère et me donna une fessée magistrale (une des rares qu'il me donnât). Cette fessée fut bénéfique car mon retour de couche arrivât instentanément. Ce qui fit dire à la perfide Sisine que cela était fréquent après avoir eu des relations sexuelles.

Le début de notre retour fut pénible. Mon père pensait que sa fille était une coureuse (on le disait à l'époque) et il fallut quelques kilomètres pour que mon père soit convaincu de mon innocence. Il a compris que je 'étais pas prête à coucher avec un garçon. Mais ma tante m'a profondément blessée. Avec le recul je comprends un peu qu'en fait ils avaient tous peurs que je recommence. On ne parlait pas comme on le fait maintenant avec les enfants.

Je repris des études, au mois d'octobre, de secrétariat lorsque Valérie eut 5 mois. Elle était en nourrice toute la semaine. Papa allait la chercher le vendredi soir et nous la ramenions le dimanche soir à Eaubonne.
Ma vie s'écoulait tranquillement entre les cours, les amis et ma fille. Parfois je ressentais une espèce de solitude, j'avais envie d'être aimée par un homme. Oh j'en ai rencontré bien sur mais cela n'allait jamais bien loin, j'étais prudente.

J'avais retrouvé à Paris Nicole mon amie de pension. Ensemble nous passions des soirées inoubliables. Elle vivait seule à Paris dans une chambre de bonne. Nous travaillions toutes les deux mais ne savions pas toujours bien gérer notre budget. L'armoire de sa chambre était calées avec des pièces de monnaie que nous retirions régulièrement lorsque nous étions fauchées.
Un jour elle me dit que son copain Georges venait avec un ami à lui Serge. Bon et bien oui entre Serge et moi ce fut le coup de foudre.
Nous nous fiancâmes en 1967.Serge enfant naturel lui aussi acceptât Valérie sans problème et s'attachât à mon bout de chou. Nous fîmes croire à ses parents qu'il était le père de Valérie. Ce fut sans problème, ils trouvèrent même des ressemblance entre eux!

Je me suis mariée Valérie avait 5 ans en 1969. Serge reconnut Valérie. Nous nous sommes installés ans un appartement de trois pièces à Eau bonne, nous étions heureux. Nous reprîmes Valérie lorsqu'elle a eut 6 ans, je ne supportais plus d'être séparée d'elle toute la semaine, elle était ma fille et je devais l'élever. Sa nourrice, une femme exceptionnelle, a toujours espérée que je l'abandonnerais. Ce fut pour elle un déchirement réel de la laisser partir.

Le seul point noir entre Serge et moi à l'époque était que je voulais un autre enfants, lui n'en voulait pas. Nous avons donc envisagé de nous séparer puis, un jour où il avait fait une fête d'enfer à la maison car il devait partir ce jour là, il écidât que nous devions parler. Ce que nous fîmes et il acceptât d'avoir un enfant. Mon père sentant qu'il fallait que nous changions de cadre, mais nous n'en avions pas les moyens, nous offrit deux semaines au bord de la mer à Langrune, si mes souvenirs sont bons. C'est ainsi qu'en mai  1973 Philippe vit le jour. Cette naissance fut pour moi une révélation. J'étais capable de mettre au monde un enfant et mon fils était absolument magnifique.  Ayant peur des prises de sang je ne pouvais pas prendre la pilule et c'est ainsi qu'un beau jour j'annonçais à Serge que nous allions avoir un autre enfant et quoiqu'il dise ou fasse je le garderai. Je n'étais pas très diplomate à l'époque et en septembre 1974  Laurent pointât le bout de son nez .  Laurent, ma Biscotte le surnom que je lui ai donné, magnifique bébé blond et rose. Serge vint très peu me voir pendant mon séjour et j'ai souffert moralement de cette absence. Déjà je me posais beaucoup de questions quant à ses sentiments à mon égard.

J'avais arrêté de travailler. Je découvris la solitude, le manque d'amour et de tendresse. Serge partait très tôt le matin et rentrait très tard le soir. Je m'étonnais quand même que les clients acceptaient qu'on leur livre leurs meubles au-delà de 19 H. Mais j'étais naïve et je croyais que mon couple était fort. Le dimanche nous sortions rarement car il prétendait qu'il était dehors toute la semaine donc le dimanche il se reposait. Moi je ne sortais jamais car je ne conduisais pas. Je vivais quasiment en vase clos avec mes trois enfants. Le moral n'était pas toujours au beau fixe mais mes petits étaient là et c'est tout ce qui importait.

Patiemment j'attendais Serge le soir pour dîner. Mais souvent quand il rentrait vers 23H il disait qu'il n'avait pas faim et nous allions nous coucher !

Les rares fois où il rentrait de bonne heure les enfants devaient être dans leur chambre, il avait installé une barrière et il fallait mettre le cadenas. Il n'a joué qu'une fois avec ses enfants.

Heureusement ils s'adoraient tous les trois, Valérie n'a jamais été jalouse de ces frères, elle les a aimé.

Les choses en lui et moi se déterioraient. Moi je ne m'en suis pas aperçu tout de suite mais des amis oui. Jean mon voisin du dessus m'incitât à passer mon permis. Comme nous avions peu de moyens je gardais un bébé pour me le payer. En six mois je l'avais.

Je  découvris qu'il était un grand coureur de jupon mais un de ces jupons l'a retenu plus que les autres. J'eu rapidement des soupçons sur celle que je considérais comme ma petite soeur, Patricia, elle avait 18 ans et nous 29 ans. Je découvris qu'elle lui cherchait un appartement, sa mère un jour en plein supermarché me prit à partie en me disant qu'elle couvrirait toujours sa fille. Dire que nous étions si amis, mais cette amitié à volé en éclat. Serge quittât la maison en mars 1978 me laissant les enfants et la voiture (merci beaucoup), grâce à Patricia je trouvais du travail à Domont dans un laboratoire d'analyses médicales (merci Patricia). Lorsque Serge me quittât il m'expliquât qu'il avait besoin de faire le point, seul. Benoîtement je l'ai cru. Cependant une chose surprît tout le quartier c'est que les parents de Patricia disparurent au même moment. Plus de nouvelles, où étaient-ils ? Mystère.J'ai su plus tard qu'ils étaient partis s'installer à Lyon. Curieux quand même.  En septembre 1978 un "bon copain" me téléphona un soir pour me demander si j'avais des nouvelles de Serge et Patricia. Surprise par sa question il me dit qu'il avait fait une gaffe (tu parles). Le lendemain (ah les hasards) je rencontrais Serge et Patricia. Une bouffée de colère est montée et j'ai sauté dans ma voiture avec une envie de les écraser. Ils ont été plus rapides que moi.  Serge me téléphona mais bien sur ma colère le laissât indifférent, il me dit que l'on ne pouvait pas parler avec moi. Ben voyons !

La première année de notre séparation je restais à Eaubonne, Dorothé, une jeune voisine, venait chaque matin préparer mes enfants pour les emmener à l'école et les gardait jusqu'au soir. Mais il était évident que cela ne pouvait pas durer.  Je passe également sur les difficultés pour faire garder mes enfants le samedi car je travaillais. Serge prenait rarement les enfants. Les premiers mois il venait les garder à la maison de 14H à 18H, pas une minute plus tôt ni une minute plus tard. Et si je rentrais à 18H05 il était parti !

Lorsque je sus la vérité il les prenait chez lui enfin chez eux mais du samedi 18H au dimanche 18H et là aussi l'horaire était respecté.

Cette même année 1978, ma mère pour me soulager, décidât de prendre les trois chez elle à Strasbourg. Les enfants partis je découvris une nouvelle liberté et j'entamais la peinture de leur chambre tout en sortant avec mes amis. Mais au bout de 15 jours j'ai fait mon sac et suis allée à Ermont chez Annick et Gilles en leur demandant l'hospitalité pour les deux semaines qu'il me restait avant mes vacances car je ne supportais plus la maison vide. Mes enfants me manquaient. Je partis donc les chercher à Strasbourg, puis direction Chamonix chez Minou, ma belle-soeur. Je suis restée une quinzaine de jours à Chamonix, j'y ai retrouvé Vanessa, ma nièce, Minou chez elle et ailleurs Jean-Yves qui vivait chez sa copine Jacqueline . Minou me gâchat nos vacances car elle buvait, ne travaillait pas et avait un jule comme elle. Bon bref pas la peine de remuer le passé. J'ai beaucoup aimé Minou mais malheureusement elle fit comme mon frère, elle buvait et se détruit la santé puisqu'en 1975 elle décédât.

Mon patron, comprenant mes difficultés me fit obtenir un HLM à Ezanville, ce qui rapprochait de mon travail .

A Eaubonne elle faisant de la gymnastique et elle était excellente, mais je ne pouvais pas l'emmener le soir car je terminais à 19H et j'avais ses frères et pas beaucoup d'argent pour prendre quelqu'un pour les garder.
Elle rencontrât des copains et des copines mais ce ne furent pas les bonnes rencontres.

Moi j'étais dans mon époque Baba Cool et tous ce qui va avec, tenues, cheveux très longs teint au hennés, musique, et surtout philosophie. J'appliquais la politique de la "clef sur la porte". Tout le monde pouvait venir à la maison car je pensais que si je recevais les copains de ma fille il y aurait moins de danger. Et puis notre différence d'âge, à peine 16 ans, faisait que nous avions une grande complicité, que nous échangions nos vêtements etc (pas les hommes).  Un jour, je regrette de ne pas avoir noté la date, elle me présentat de nouveaux amis : Philippe, Françoise, Jean. J'ignorais que Philippe serait mon compagnon 25 ans plus tard et que nos sentiments se sont tissés insidieusement, tout doucement sans faire de bruit. Malgré tout  Valérie a été destabilisée par cette nouvelle vie. Elle était punck à l'époque et imaginer ma surprise lorsqu'elle je la vis les cheveux en pétard, de toutes les couleurs, portant des docks martin taille 41 (il n'y en avait pas à sa taille du 37) et écoutant une musique sinistre. Dans sa chambre elle avait dessiné sur le mur un cerceuil sur lequel il y avait écrit SID VICIOUS (bassiste des Sex Pistols)    1957 - 1979 /  Valérie 1964 - ......  Cela m'a beaucoup inquiété car c'était morbide et peut être prémonitoire !

Lorsque j'ai découvert la toximanie de ma fille j'ai téléphoné à l'hopital Marmotan où officiait le Docteur Olivenstein. J'expliquais mon cas et l'on me demandât si Valérie était consentant pour faire une cure de désyntoxication. Je répondis que non mais qu'elle était mineur donc j'en étais responsable, et lorsque l'on me répondit qu'il fallait son consentement je leur dis qu'il y avait non assisante à personne en danger. Crédule et ignorante voilà ce que j'étais. Je ne savais pas qu'il fallait qu'elle soit consentante tout simplement. J'étais désemparée, perdue, seule et je n'ai pas réussi à résoudre ce douloureux problème.

Et puis elle rencontrât  Pierre. Je vais copier dans son journal que je garde précieusement sa rencontre avec Pierre l'amour de sa vie et son mauvais génie.


"Je travaillais dans un café pour me faire de l'argent de poche pendant les vacances et c'est là que j'ai rencontré celui qui allait devenir mon grand amour. C'était à l'approche de mes 16 ans. Nous sommes sortis ensemble un samedi soir. Depuis lors nous ne nous sommes plus quittés. Pendant 5 mois pour moi ce fut l'explosion à tous niveau, physiquement, moralement. Je me suis découverte moi-même. Ce fut une grande expérience. Mais justement c'est à cause de cet homme que ma vie fut toute bouleversée.

Au début ma vie fut réellement fantastique. Il me sortait, au cinéma, au restaurant, me présentait à ses amis. Enfin cette vie me ravissait jusqu'au jour ou ...

Il faisait beau, il me semble que c'était un après midi du mois de mai. Enfin ce jour fut en quelque sorte une tombe que j'allais agrandir d'année en année.S'en m'en rendre compte j'allais m'enfoncer dans un univers des plus malsain, mais malheureusement petite inconsciente que j'étais je suivais tous le monde sans rien comprendre. C'est comme ça que je fis mon premier shoot.

Je fus malade à crevée, je perdis connaissance dans un restaurant. Enfin ce fut l'enfer mais cet enfer me plus puisque quelques mois plus tard je récidivais et là mes souvenirs sont plus que confus. Je me rappelle des bribes de cet époque de ma vie. Et oui ma mémoire aujourd'hui me fait défaut. Car tout cela fait maintenant six ans que je suis dans ce cerceuil, sans aucune angoisse, sans aucun regret. Je n'en sortirai jamais à moins d'un miracle ou quelque chose d'approchant. En fait je ne veux aucun miracle. La vie est trop moche pour être vécue.

En fait, je crois que c'est très mauvais d'être réaliste car c'est là que l'on s'aperçoit  toutes les bonnes et mauvaises choses. Je sais que moi moi c'est plus souvent des mauvaises qui l'emportent mais je pense que c'est de ma faute en grandes parties mais tout ceci est beaucoup trop complexe. Je n'ai pas envie de faire une dissertation sur la vie car je mettrais l'angoisse.

Après un mois d'arrêt je reprends ma plus qui est en fait un stylo. J'ai pratiquement trouvé la source de tous mes problèmes du moins je l'espère. Je vais sauter quelques années pour arriver à l'époque actuelle donc le présent.

J'ai connu il y a quelques semaines, un magnétiseur et depuis je fais des séances de désenvoûtements, cela peut paraître idiot mais je suis posséder. Par quoi ? Je n'en sais rien. D'après ce qu'il m'a dit c'est une personne qui nous veut du mal à moi et à ma mère car elle aussi est envoutée. C'est sur ça paraît absurde mais je dis la vérité. "

Elle écrivit ces lignes en 1986 à 22 ans.

J'ai éprouvé beaucoup de douleur à relater ainsi la vie de ma fille. C'est un travail énorme pour moi, j'ai l'impression de l'abandonner tout en sachant qu'il faut que je parle. Je vis avec elle depuis 12 ans dans mon coeur. La seconde partie sera encore plus douloureuse. Je vais prendre un peu de tempspour la réalier mais si je peux, car écrire c'est aussi pour moi un soulagement même si je pleure. Il paraît que je dois la laisser partir, mais pourquoi ?

Nous sommes samedi 16 décembre 2006, il est 7h et je viens de me lever. Je suis en larmes et je pense que mon travail de deuil à commencé, j'ai du mal à l'accepter.

FIN DE CETTE PREMIERE PARTIE