Mon coeur, battait, l'émotion m'étreignait. J'y vais, j'y vais pas. Je n'arrivais à quitter la maison. Allons-nous nous reconnaître ? Ne serons-nous pas déçues l'une de l'autre ? Et puis 15H15 au réveil allez zou je décide de partir. Je prends ma voiture direction Goussainville. Je pris la route au pif, route de Bouqueval, à droite au carrefour direction Goussaiville. De pris direction centre, toujours au pif. Je regarde le nom de la rue et devinez quoi ? J'étais dans la bonne rue, et je vis sa boutique. Je gare ma voiture. J'arrive dans la boutique, la porte est grande ouverte, deux clientes discutent avec une dame blonde. Je m'arrête sur le seuil et je la regarde. Un instant puis ses yeux s'illuminent ... un instant me dit-elle, deux secondes après nous étions dans les bras l'une de l'autre, et d'expliquer aux clientes que nous nous étions connues en pension et pas revues depuis 38 ans. Elles s'en moquaient complètement mais ont été polies, ah oui, c'est bien dirent-elles. Puis elles sont parties.

Nicole me débarrasse de mon manteau, me fait asseoir et la conversation à commencer. Nous avons tous mélangé, le présent, le passé, notre jeunesse.

Sa vie n'a pas été mieux que la mienne, mais chut elle ne souhaite pas que j'en parle et c'est sa vie.

Elle a deux beaux enfants dont elle est très proche, veuve depuis 9 ans bientôt elle essaie de vivre.

Elle se rappelle plein de choses que j'avais oubliée. Ma découverte de l'homosexualité de mon père, ma rencontre avec Serge, mon premier mari, ma mère qui lui a fait découvrir le Kir dans de beaux verres en cristal. Des détails, direz-vous, oui bien sur mais qui sont notre vie.

Nous avons regardé quelques photos, j'ai parlé de Philippe, de Valérie, de Laurent, d'Alexis, de Philippe l'homme de ma vie. Elle m'a trouvé calme et douce, elle avait le souvenir d'une fille un fofolle.

Nous nous sommes rappelées notre jeunesse à Baud, la pension, la directrice, les copains et les copines, ses frères et soeurs. Gérard, son frère que nous surnommions "toit de chaume" tant il avait de cheveux blonds et qui, maintenant, est un monsieur de 60 ans avec des cheveux gris. Toute une vie, toute notre vie est sortie en brouillon.

Je suis heureuse de l'avoir retrouvée, de l'avoir vue. Nous sommes proches, nous nous reverrons c'est une chose certaine. Je vais ressortir nos photos de pension.

Je me suis inscrite sur "Copains d'Avant" il y a quelques années mais je n'ai pas eu besoin d'eux pour retrouver celles que je recherchais. La vie s'est chargée de nous retrouver.

Nicole je vais t'aider à te retrouver et à sortir de toi-même.

Je suis rentrée à la maison la tête pleine de ses retrouvailles si inattendues, si magiques. Je n'ai pas pu tout raconter à Phil, car ça nous aurait pris la nuit et j'aurais tout mélanger encore une fois. Que je suis brouillon !

Voilà, c'est la vie qui est ainsi, elle vous sépare pour vous réunir. La vie est magique malgré tout ce qu'elle nous apporte de bons et de mauvais.