Je suppose que tout comme moi vous ne connaissez pas Charles Brunier. C'est un ancien forçat, dont Henri Charrière, s'est inspiré, en grande partie,  de l'histoire pour écrire Papillon, et qui est  décédé il y a quelques jours dans une maison de retraite à Domont à l'âge de 106 ans. Il était très doux, très seul, assis dans son fauteuil roulant les yeux toujours fermés mais ne dormant pas. Revivait-il ces années de bagne ?

Ancien forçat, il avait demandé sa réhabilitation en 1967 afin de pouvoir épouser la femme qu'il aimait.

Charles Brunier est né le 31 mai 1901 à Paris. Il combat en Syrie lors de la première guerre mondiale. Il est condamné en 1923 aux travaux forcés à perpétuité pour le meurtre  d'un souteneur et envoyé au bagne de Guyane, à l'Ile du Diable. Il s'évade plusieurs fois en 1925, 1926 et 1928. A sa troisième évasion il retourne à l'Ile du Diable et rencontre Henri Charrière avec qui il tente une nouvelle évasion en 1936.

Sa dernière évasion l'amène au Mexique où il entend l'appel du Général de Gaulle le 18 juin 1940. Il s'engage dans les Forces Françaises Libres en tant que pilote au sein du Commando Mexique. Il est chargé du repérage des sous-marins allemandes dans les Caraïbes. Ensuite il rejoint les troupe de Leclerc dans la campagne d'Afrique. Il est décoré par de Gaulle et termine la guerre au grade d'adjudant chef. A la fin du conflit, il retourne au bagne dont il ne sortira qu'en 1948 bénéficiant d'une grâce pour conduite émérite au cours des hostilité.

C'est en 1993 qu'il est accueilli à Domont dans une maison de retraite.

 En 2005 il reçoit la visite du ministre Xavier Bertrand, petit-fils de bagnard.

Il est mort dans la plus grande discrétion.