Nous sommes partis vers 18h30 ce vendredi,  avec à notre bord mon Philippe à moi, un autre Philippe (accessoiriste à Leonardo, en coulisse B), et moi-même, passablement stressée par une journée au cours de laquelle j'ai fait un tas de choses sauf ce que j'avais prévu : faire les bagages et préparer de quoi survivre durant ces deux jours en Normandie. Nous avons donc pris la route sans trop savoir si notre valise était complète... Nous récupérons Guillaume (Leonardo, coulisse A) à la gare d'Ecouen, puis Isa (coulisse Rien-Du-Tout) chez elle. C'est parti pour 4 heures de route.

Nous arrivons à La Chaise Baudoin vers 23 heures et nous découvrons un superbe gîte SL701289. C'est une ancienne école qui peut loger une bonne trentaine de personnes. Nous découvrirons plus tard une immense salle à manger, une cuisine professionnelle, et carrément une salle des fêtes ! Pour le moment, nous sommes crevés, et nous allons rapidement au lit, après avoir salué les quelques copains qui traînent encore dans les parages.

Levés à 6 heures du matin, nous descendons au jugé prendre le petit déjeuner. Dans la nuit, les derniers voyageurs sont arrivés et nous nous retrouvons à 30 environ (principalement des Leonardo puisque ce week end est organisée à la base par notre Gazelle nationale) SL701285. Le petit matin est frisquet, nous sommes tous plus ou moins dans le gaz, notamment ceux qui ont dormi dans le dortoir et qui ont eu la surprise de compter parmi eux un ronfleur (il n’y en avait pas qu’un d’ailleurs !)

Lorsque le jour se lève, nous découvrons le gîte et la campagne environnante. C'est formidable, on n'entend que le souffle du vent dans les arbres et le cui-cui des oiseaux SL701416.



Vers 9 heures, le départ vers la baie est donné. Arrivés au point de rendez-vous au Bec d’Andaine à Genêts SL701290, nous rencontrons notre guide qui nous rassure à propos de la balade : si le brouillard se lève ou si un orage éclate, on peut considérer que nos chances de survie sont nulles. Par ailleurs, la baie est notoirement dangereuse (sable mouvant (,http://fr.wikipedia.org/wiki/Sables_mouvants, ...). Un peu refroidis par ces infos, on y va quand même.

Le guide nous demande d'enlever nos chaussures. On se retrouve donc pieds nus dans le sable, et c'est froid ! SL701295Plus tard, ce ne sera plus froid du tout, ce sera juste très douloureux... La marche commence. Au loin, on aperçoit le Mont St Michel qui émerge d'une légère brume SL701317.


Le sable fin de la plage fait place à un sable dur que la mer a transformé en vaguelettes sur lesquelles nos pieds souffrent. Nous avançons vers une zone de tangue (Les alluvions fluviales continuellement brassées par le flux et reflux des marées, mélangées aux coquillages brisés donne naissance à la tangue, un riche fertilisant qui fut longtemps utilisé par les paysans des environs pour amender leur sols), où nous nous enfonçons et qui colle terriblement aux pieds. Plus loin, nous traversons à gué une rivière SL701301. Il y en aura comme ça quelques unes, dont le Couesnon, plus profond, qui n'aura pas pitié des plus petits (dont moi) et de leurs shorts ou pantalons.

Nous allons ainsi durant deux heures au long desquels nous nous arrêtons régulièrement pour apprendre un aspect historique, botanique ou géographique de la baie. Notre guide est parfois sentencieux mais le plus souvent intéressant. Ces pauses nous permettent de récupérer un peu, car la marche pieds nus sur un sol aussi particulier est vite très fatigante. La magie de cette baie s’impose à nous, avec ce paysage presque totalement plat qui s’étend à perte de vue ; une participante dira que cela lui rappelle le désert SL701318. Le contraste est saisissant entre cette étendue ondoyante où l’eau est omniprésente, mêlée au sable, et les deux monts vers lesquels nous nous dirigeons. Le premier Tombelaine est livré depuis longtemps aux oiseaux, il est couvert d’une végétation sauvage qui verdoie au milieu des rochers, (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tombelaine).

Le second a entièrement été façonné par l’homme, en partie sur le roc et en partie sur la tangue, ce qui explique les grands travaux actuels. On désalinise les murailles, on les consolide en vue du méga-projet qui devrait sauver la baie dès 2012 : raser la route insubmersible qui mène au Mont et organiser des mouvements d’eau depuis le Couesnon.

Certains aménagements sont irréversibles, tels les polders qui ont gagné des terres sur la mer, mais le reste peut être sauvé. La baie n’est pas condamnée à s’ensabler comme c’est le cas actuellement. 80 % des résultats attendus par les aménagements en cours seront réalisés 8 ans après leur fin, ce qui veut dire que dès 2020, la baie aura retrouvé son aspect originel.

Notre marche nous a mené aux pieds du Mont. Nous avons une demi-heure pour manger nos sandwichs SL701345. Les visiteurs venus en voiture, bus ou camping-car nous dévisagent avec curiosité. Nous ne nous sommes en effet pas rechaussés et notre piteux état les interpelle. L’heure du retour arrive bien trop tôt mais la marée n’attend pas, et il faut repartir. Nous reprenons donc notre marche, dans l’autre sens cette fois. Les pieds font mal, les mollets aussi, ainsi que les cuisses. Nous nous traînons pour certains, formant un long cortège qui s’étire selon les stades de fatigue. Malgré tout, il est 14h30 quand nous atteignons enfin la terre ferme. Nous prenons le temps de nettoyer nos pieds au point d’eau mis en place à cet effet (dieu que l’eau froide est bonne sur nos pieds endoloris), puis nous nous écroulons un moment. Il est tôt, pas question de retourner au gîte. Les uns souhaitent aller au Mont, en voiture cette fois, les autres ailleurs. Nous nous joignons à ceux qui vont au Mont.

Nous y arrivons dans un état extrême. Une crêpe et du cidre s’imposent ! Evelyne nous emmène dans une crêperie discrète, loin de la Mère Poulard et du fracas des touristes. Dans cet Eden préservé, pourtant au cœur du Mont, nous reprenons des forces. Puis nous nous promenons en essayant de ne pas trop monter et descendre (tu parles ! nous sommes au pays des escaliers…), et découvrons cet endroit magnifique malgré sa transformation en Disneyland médiéval.

En fin d’après-midi, nous reprenons les voitures, faisons une courte halte à la Biscuiterie de la Baie, histoire de faire quelques emplettes, et retournons au gîte. Là, nous prenons une douche bienfaisante. La tangue est tellement fine qu’elle s’est incrustée sous les ongles, il faudra des jours pour qu’elle disparaisse (nettoyer vos pieds avec une brosse à dent a dit le guide !). Le soir arrive, certains préparent le dîner  SL701392

tandis que les autres cherchent fébrilement à faire fonctionner la télé.SL701395 C’est que l’heure est grave : le XV de France rencontre les All Black en quart de finale de la coupe du monde. Eric fait le tour et demande à chacun son pronostic, il note scrupuleusement. Nous prenons un apéro bien mérité et nous passons à table. Malheureusement je ne peux pas vous raconter grand-chose car je me suis endormie ! SL701408J’ai su le lendemain que la France avait gagné, ils ont fait la fête et je n’ai rien entendu.

Le lendemain debout à 7H30 (c’est le bagne), petit déjeuner au radar. Mais vers 8H15 nous en avons eu assez de voir que tout le monde n’était pas levé. Céline, Danièle et moi avons pris des plats, des cuillères et badaboum nous avons fait la tournée des dortoirs pour réveiller tout le monde. Oh les têtes ! N’est-ce pas Guillaume ?

Danièle organisait une rando de 10 km et quelques courageux l’ont suivi ; nous nous sommes allés à Villedieu les Poêles (Evelyne, Patrick, Anne, Emma, Phil et moi). Nous souhaitions acheter un cadeau pour Annick, notre dévouée organisatrice et Danièle (dévouée elle aussi) dont c’était l’anniversaire.

Nous avons découvert une jolie ville, pleine de cours intérieurs et d’histoire. Les musées étaient fermés malheureusement. La ville est dédiée au cuivre et devant la mairie nous avons admiré la cloche républicaine.

Nous avons découvert une mignonne épicerie fine dans laquelle nous avons pu faire nos emplettes et où nous avons eu quelques fous rires en découvrant l’appellation de certains produits (la couille du pape et les coucougnettes du vert galant par exemple).

SL701435

SL701439




Vers midi nous sommes rentrés au gite, avons sortie les tables, mis le couvert en attendant les courageux randonneurs qui sont rentrés dans un état presqu’aussi pitoyable que la veille. Ils étaient tous crottés jusqu’à mi jambe ….SL701446

L’ambiance de ce dernier repas en commun fut des plus festive, les cadeaux offerts à nos deux amies, Danièle nous a fait un discours (façon Monique en moins long).

Après le repas nous avons pu assister à une démonstration pour le moins curieuse qui se déroulait dans le terrain près du gite. Des cavaliers devaient passer sous une corde sur laquelle « séchaient » 4 culottes féminines (taille 52, d’après Eric un spécialiste). SL701478 Une curiosité locale sans doute ! Bien sur nous avons mis notre grain de sel. Grâce à Eric un poteau s’est cassé, il a fallu le consolider et refixer les belles culottes.

15H l’heure des comptes a sonné, merci Chantal qui a été notre comptable/trésorière/banquière.SL701487

16H l’heure du départ et là nous n’étions plus fringants, nous nous sommes tous embrassés, mais nous avons tous pris rendez-vous pour le premier week-end d’octobre 2008 pour recommencer.